En route vers les sommets

Les superlatifs manquent pour qualifier l’entrée en matière de Dorian dans la catégorie avec picadors. Les sorties en triomphe se succèdent et rien ne semble pouvoir freiner cette irrésistible ascension vers les sommets de l’escalafon.

Pour son deuxième contrat sur ses terres, « notre » novillero béarnais a de nouveau l’occasion de démontrer son incroyable maturité qui lui a permis de « dompter » les redoutables Pedraza de Yeltes en avril dernier.

Article d’Olivier DARRIOUMERLE  paru le 06/04/2018 dans Sud-Ouest
(la veille de la Novillada de Printemps à Garlin)

Dans le piémont pyrénéen, les bêtes cornues ont de jolies cloches au cou. Elles donnent : du lait, des veaux, lorsqu’elles ne ruminent pas le vert pâturage béarnais. A la surprise générale, elles ont vu naître le premier torero des montagnes. Dorian Canton n’était pas destiné à quitter son village d’Asson, face au pic de Gabizos, où coule la petite rivière de l’Ouzom, pour combattre des toros.
A 17 ans, le novillero béamais a mis un pied dans la cour des grands lors de la Pâques taurine de Mugron. II sera demain à l’afiche de la Novillada de Printemps dans les arènes de la Porte du Béarn, à Garlin et probablement, cet été, selon ses résultats, dans les grandes arènes du Sud-Ouest. *

* Après son triomphe garlinois d’avril, Dorian a enchainé les succès (Aire sur l’Adour, Captieux…) et de nombreux contrats ont été conclus (Mont de Marsan, Orthez, Hagetmau, St Perdon… et surtout celui de Madrid le 13 juillet dans les arènes mythiques de Las Ventas).

Dorian Canton dans sa chambre d’adolescent à Asson

Le jeune Dorian Canton, brut de décoffrage et fier de ses origines, a un côté « cap bourrut », comme disent les Béarnais. La tête sur les épaules, il a conscience de la distance qui le sépare encore de son rêve. Dans sa chambre d’ado, la carte géographique des ovins de France côtoie les affiches des grands toreros.
Lorsqu’il n’est pas sur les bancs du lycée agricole de Montardon, dans les arrondissement de Pau, il s’entraîne à 130 km de chez lui, dans le petit village landais de Cauna, où Richard Milian forme les apprentis toreros. « Si je ne deviens pas matador, je reviendrai à Asson, où je finirai agriculteur. Mais, pour l’instant, je ne vois mon avenir qu’avec les toros. »

Dans un dédale mythologique
Ses parents ont d’abord tenté de le décourager. « On pensait que c’était une passade, on se disait qu’on allait pouvoir le détourner vers le rugby ou le handball », se souvient Sylvie, sa mère. Son père lui montre la vidéo d’El Yiyo, tué par un toro. Sans succès. Il doit reconnaître sa part de responsabilité : c’est lui qui a emmené son fils voir sa première corrida, en août 2009. Ce jour-là, à Béziers, Juan José Padilla combattait des monstres à cornes estampillés Miura. « On aurait dit un Dieu ! », se souvient Dorian Canton. L’enfant de 8 ans est alors traversé par une illumination.

De retour à Asson, Dorian sort les serviettes des placards et commence à mimer le geste. « Dans ma tête, j’y étais ! Je me disais : comment faire pour devenir comme ce mec !». Pendant un an, l’enfant chemine dans son dédale mythologique. Il cherche sur Internet l’adresse d’une école taurine. Il découvre l’existence de Richard Milian. Un soir de septembre 2010, en rentrant des fêtes de Nay, il dit à son père : « Tu peux appeler à Cauna ?» A qui ? A quoi ? Réunion d’urgence à la maison : « On a compris qu’il avait ça dans le sang », explique son père. « On a finalement décidé de le soutenir jusqu’au bout. Une passion, c’est tellement rare », ajoute sa mère. Marc Canton, maire du village d’Asson, n’a jamais cultivé d’aficion. Il n’avait vu que deux moitiés de corridas avec les copains à Pampelune. Mais, il accepte de conduire son fils à Cauna, un mercredi après-midi.

De retour à Asson, Dorian sort les serviettes des placards et commence à mimer le geste. « Dans ma tête, j’y étais ! Je me disais : comment faire pour devenir comme ce mec !». Pendant un an, l’enfant chemine dans son dédale mythologique. Il cherche sur Internet l’adresse d’une école taurine. Il découvre l’existence de Richard Milian. Un soir de septembre 2010, en rentrant des fêtes de Nay, il dit à son père : « Tu peux appeler à Cauna ?» A qui ? A quoi ? Réunion d’urgence à la maison : « On a compris qu’il avait ça dans le sang », explique son père. « On a finalement décidé de le soutenir jusqu’au bout. Une passion, c’est tellement rare », ajoute sa mère. Marc Canton, maire du village d’Asson, n’a jamais cultivé d’aficion. Il n’avait vu que deux moitiés de corridas avec les copains à Pampelune. Mais, il accepte de conduire son fils à Cauna, un mercredi après-midi.

« Bloc de marbre »
Richard Milian fait asseoir Dorian dans les gradins. Le jeune Béarnais, alors âgé de 9 ans et demi, regarde l’entraînement de Thomas Dufau, sans faire de bruit. Tout est dit. « Je le revois courir dans la maison. Maintenant il court après les toros », sourit sa mère. « Il aurait pu faire un bon joueur de rugby », regrette encore son père. Aujourd’hui, il lui fait le nœud de cravate avant de le laisser entrer dans l’arène.
À la veille de sa deuxième novillada piquée, Dorian Canton a la voix qui mue, mais son visage émacié lui donne l’air d’un homme. « Avec une dose d’adrénaline et l’envie de prouver, j’ai l’impression d’être un bloc de marbre, comme si j’étais l’homme le plus fort du monde, qu’il ne pouvait rien m’arriver. » Il n’est pas pour autant tête brûlée. Il ne goûte pas aux interdits des ados. Il mesure ses limites à hauteur des cornes des novillos.
L’année dernière, il a accumulé les trophées. La cheminée du salon en est pleine. Pour la suite, il rêve d’un jour vivre de sa passion. Pour l’instant, il doit continuer à apprendre son métier d’agriculteur et faire des progrès en espagnol. II le sait, dans le mundillo, la concurrence est rude.

Photos

Présentation

Dorian Canton… en bref
Né le  22 mars 2001  à  Asson

Début avec picadors :
le 2 avril 2018 à Mugron

Temporada 2017 :

Dates importantes :
Mugron 2017 (Débuts en costume de lumières)
Dax
Mont de Marsan
Rion des Landes…

Ses statistiques

DatePlazaGanaderiaRésultat
621/07/2018MONT DE MARSANCamino de Santiago
513/07/2018LAS VENTAS (MADRID)MontealtoSilence / Silence
403/06/2018CAPTIEUXEl FreixoSilence / 2 oreilles
301/05/2018AIRE SUR L'ADOURRaso de Portillo / PalhaOvation / 1 oreille
208/04/2018GARLINPedraza de YeltesOvation / 2 oreilles
102/04/2018MUGRONPinchaOvation / 2 oreilles

Videos

Sa cuadrilla

BANDERILLEROS

PICADORES

APODERADO

Julien Dusseing
« El Santo »
Miguel Ventosa Goenaga
Manolo de los Reyes
Juan Manuel Sangûesa
Nicolas Bertoli
Richard Milian